Censure et arts plastiques

Débat mené par Paul Ardenne, commissaire de l’exposition « Talking About A Revolution », 22 VISCONTI.

Avec des interventions de Gianni Motti, Arnaud Cohen, Gérard Fromanger...

 

 

La censure, cette punition de la libre expression, n’est pas absente des arts plastiques. 

Elle y revêt des formes diverses, entre frontalité et sinuosité. Frontalité : on enferme et maintient en prison, à Fleury-Mérogis, un artiste (Piotr Pavlensky) pour une performance, de façon disproportionnée. Sinuosité : la puissance de l’institution artistique et son contrôle croissante du champ de l’exposition et de la visibilité amènent les artistes à accepter l' »esthétiquement correct », en faisant valoir l’autocensure. 

Plus les effets d’un moralisme des réseaux sociaux qu’il convient d’interroger : Joël Hubaut, Camille Moravia…, bien d’autres artistes encore doivent endurer d’être exclus de Facebook pour avoir affiché sur leur page des images jugées inappropriées, vecteurs prétendus d’obscénité. Un cas intéressant, encore, appelé à rester dans les annales de l’ignominie, celui d’un artiste censurant d’autres artistes : le cas vient d’en être constaté avec l’interdiction signifiée à d’autres artistes par Daniel Buren, artiste ayant commencé sa carrière dans la rue, de façon clandestine, d’exposer dans la proximité de son oeuvre Les Deux plateaux, au Palais-Royal (Paris).

Il y a plus de vingt ans déjà, l’artiste catalan Antoni Muntadas mettait en place son File Room, une création destinée à documenter à l’échelle globale et via Internet tous les cas existants et ayant existé de censure dans le domaine culturel – une oeuvre aujourd’hui tombée dans l’oubli. Il semble temps de la réactiver.
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